La bouteille est-elle dans l’eau chaude?

 En regardant une carte du Canada,  vous devez vous demander pourquoi. Le Canada possède les cinq Grands Lacs, une myriade de petits lacs, des sources et des glaciers de montagne, des puits et des couches aquifères. L’organisme Ressources Naturelles du Canada convient qu’« aucun pays dans le monde n’a probablement autant de sa superficie couverte par de l’eau douce que le Canada ». Avec toute cette eau, pourquoi alors insistons-nous pour l’acheter en bouteilles?

En 2005, la Beverage Marketing Corporation nous annonçait que nos dépenses annuelles en eau embouteillée représentait plus de 653 millions de dollars. Et, ce n’est pas comme si l’eau de ces bouteilles provenait d’une source exotique alimentée par des montagnes pures, non touchées par la pollution.  Non, puisque 40 % de ces eaux embouteillées proviennent du système public de traitement d’eau et la majorité des autres est tirée des puits et des couches aquifères.

Auparavant, il était de bon goût de boire une des nombreuses eaux carbonatées qui arrivaient sur le marché et il était bien vu  de renoncer aux boissons alcoolisées ou aux sodas en faveur d’une alternative plus saine. Par la suite, l’eau toujours mise en bouteille, a accédé au marché avec des publicités subtiles mettant en vedette de belles personnes à l’allure saine sirotant des bouteilles en plastique. Des célébrités ont été photographiées tenant leurs bouteilles d’eau à la main. L’eau embouteillée est devenue un symbole de santé ou de conscience sociale en dépit des cyniques qui ont remis en cause le fait de payer un prix si élevé pour un produit qui nous pouvons nous procurer gratuitement de notre robinet.

Quand les ventes d’eau embouteillée ont commencé à affecter leurs revenus, les méga sociétés de boissons non alcoolisées ont bien été obligées d’ajuster le tir  en adoptant la philosophie de « si tu ne peux pas les battre, joins-toi à eux ».  Ils ont alors réorienté une partie de l’eau utilisée pour les boissons non alcoolisées dans la distribution d’eau embouteillée. Les grandes compagnies alimentaires ont également sauté dans le mouvement, en achetant des compagnies d’eau embouteillée et des sources d’eau partout dans le monde.

Une des marques les plus populaires d’eau embouteillée provient de Fiji et est envoyée à l’autre bout du monde en Europe et aux États-Unis.  Malheureusement, un tiers de la population de Fiji n’a pas accès à de l’eau potable sécuritaire et il y a des craintes que l’approvisionnement en eau courante soit un jour à sec. « Il y assez d’eau présentement, mais le taux d’expansion de certaines de ces compagnies d’eau embouteillée est la cause de véritables inquiétudes”, dit un fonctionnaire du département de ressources minérales de Fiji.

Alors que l’eau mise en bouteilles devenait populaire, de petites marques d’eau embouteillée d’élite ont émergé, les bars à eau sont devenus le nec le plus ultra et des sommeliers spécialisés en eau sont apparus. Des restaurants célèbres ont inclus de nombreuses marques d’eau embouteillée sur leurs menus. Le comble de l’excès est probablement BlingH2O qui coûte 40 $ la bouteille. Elle est faite à partir de verre comportant des cristaux Swarovski et remplie avec de l’eau provenant du Tennessee.La popularité de l’eau embouteillée n’a pas été ébranlée par quelques gaffes embarrassantes de relations publiques, comme les commentaires d’un ex-président de Perrier au sujet de la facilité de prendre l’eau dans la terre et de la vendre plus que le lait, le vin ou le pétrole. Et le cas d’un « expert en matière d’eau », qui a décrit un verre d’eau comme possédant « un arôme citronné frais et doux » quand, en fait, l’eau provenait des toilettes publiques.

Bien sûr, ce n’est pas simplement la situation qui détermine les ventes de l’eau mise en bouteilles. Pour beaucoup de gens, c’est la crainte de consommer de l’eau potable souillée avec des bactéries, des métaux lourds, carcinogènes, et pharmaceutiques, pour n’en nommer que quelques-uns.  Les gens supposent que l’eau embouteillée est plus sûre et doit être mieux réglementée. Mais ce n’est pas nécessairement la vérité. Un article du Toronto Star en novembre 2007 suggère que l’industrie de l’eau embouteillée est l’une des moins réglementées du pays.

Il semble raisonnable de penser que les embouteilleurs d’eau voient à ce que leur produit soit sûr, quoiqu’il n’est pas  nécessairement aussi pur que la popularité du produit ne le suggère. L’eau mise en bouteille est prise du robinet ou extraite d’une source souterraine puis désinfectée avant la mise en bouteilles. Mais le traitement de l’eau n’enlève pas nécessairement ttous les polluants ou matières solides dissoutes. « Nous avons analysé plus de 1000 bouteilles d’eau, plus d’une centaine de marques qui sont vendues aux États-Unis », dit Erik Olson du Conseil de Défense des Ressources Naturelles. « Nous avons constaté que certains d’entre elles contenaient de fortes concentrations d’arsenic. Certaines avaient des produits chimiques organiques, une variété de bactéries, donc il avait des problèmes avec environ un tiers des marques que nous avons testées.”

Si ce n’est pas assez, les facteurs environnementaux à eux seuls peuvent vous inciter à réfléchir à deux fois avant d’acheter cette bouteille d’eau. L’eau mise en bouteilles laisse un sillage de déchet sur son chemin.  Approximativement 80 % des bouteilles d’eau ne sont pas recyclées. Selon le Container Recycling Institute, seulement deux bouteilles sur dix sont recyclées aux États-Unis.  Au Royaume-Uni, 13 milliards de bouteilles en plastique ont été vendues l’année dernière, mais seulement 3 milliards ont été recyclées.

Qu’arrive-t-il au reste de ces bouteilles? Elles sont jetées sur des terrains, où elles resteront pour des milliers d’années ou bien elles sont incinérées. Certaines sont laissées sur des plages, dans la campagne ou sur des montagnes. Feu Sir Edmund Hillary a été horrifié par le nombre de bouteilles en plastique qu’il a trouvé lors d’une de ses ascensions de l’Everest.

Certaines de ces bouteilles se retrouvent dans la Eastern Garbage Patch, un secteur s’étendant sur des centaines de milles dans le Pacifique Nord. Les chercheurs l’ont découvert en 1999 et ils ont compté un million de morceaux de plastique par mille carré. Ce même plastique se décompose dans l’océan et devient une menace pour notre faune.

Le Container Recycling Institute affirme que « la grande majorité de l’eau mise en bouteilles est vendue dans des bouteilles en plastique de téréphtalate de polyéthylène (TEP), de petit format « à usage unique » et qui sont destinées à être jetées. Ces bouteilles en plastique sont un dérivé de produits pétroliers dont le processus de fabrication produit des gaz à effet de serre.

On estime qu’approximativement l’équivalent de 18 millions de barils de pétrole brut a été employé en 2005 pour remplacer 2 millions de tonnes de bouteilles de plastique qui ont été jetées au lieu d’être recyclées... aux États-Unis seulement! Cela représente assez de carburant pour faire rouler un million de voitures pendant une année.

Le Polaris Institute fournit cette description du processus de fabrication des TEP. Les «TEP sont créés à partir d’acide téréphtalique (TPA) et d’éthylène-glycol (EG), tous les deux fait à partir de pétrole brut. Durant le procédé de production, des catalyseurs sont employés pour favoriser la réaction chimique. Certains de ces catalyseurs, qui incluent l’antimoine, le titane, le germanium, le cobalt, le manganèse, le magnésium et le zinc, sont relâchés avec le temps dans l’eau et peuvent causer un risque potentiel pour la santé. »

Une fiche de données fournie par le Pacific Institute indique qu’il faut 3,4 mégajoules d’énergie pour fabriquer une bouteille de plastique d’un litre, son bouchon et son emballage.  Et chaque tonne de TEP produit 3 tonnes d’émissions d’anhydride carbonique, et le processus de fabrication consomme à lui seul deux fois plus d’eau que le contenu final de la bouteille d’eau.

Le transport des bouteilles, parfois d’aussi loin que la Tasmanie ou Fiji, ajoute encore à la consommation d’énergie et à l’émissions de gaz à effet de serre. Ajoutez à cela le coût de la réfrigération, de recyclage ou de destruction et le Pacific Institute estime que le nombre total d’énergie exigé pour chaque bouteille d’eau est équivalent, en moyenne, à remplir une bouteille en plastique d’un quart d’huile ou, comme l’a conclu une étude britannique, boire une bouteille d’eau a le même impact sur l’environnement que de conduire sa voiture sur un kilomètre.

L’ironie est que l’eau embouteillée, qui à un moment donné était « l’accessoire indispensable » des personnes soucieuses de leur santé, a un effet néfaste sur l’environnement et en fin de compte sur notre santé. Plus de 100 milliards de dollars sont dépensés  chaque année dans le monde entier pour quelque chose qui n’est pas nécessairement plus pur que l’eau de notre robinet. Pour une fraction du coût de l’eau mise en bouteille, il est possible d’obtenir l’eau la plus pure disponible, et d’être plus prévenant pour notre planète, en installant un système de filtration d’eau potable dans notre maison qui est certifiée NSF pour enlever tous les produits chimiques, polluants et bactéries qui nous ont amenés à la bouteille en premier lieu.

L’eau et Votre Corps

L’eau pure. Une réglementation à revoir.

 Nous savons tous qu’il faut boire huit verres d’eau par jour pour maintenir des fonctions corporelles saines et pour aider à favoriser la perte de poids en débarrassant le corps de ses déchets et toxines.  Pendant une période d’entraînement et d’efforts,  on nous recommande d’augmenter notre consommation de liquide pour éviter la déshydratation. Mais ce que nous oublions parfois est l’importance « de l’eau pure ».  Le corps accomplit plus efficacement sa fonction de nettoyage s’il  n’a pas à nettoyer d’abord l’eau que nous consommons.

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Dossier Solutions

Interdire la bouteille

 L’eau embouteillée, qui fut durant un moment l’accessoire favori des célébrités et leurs disciples, perd actuellement de sa popularité à la suite de prises de conscience collectives face aux conséquences sur l’environnement. Pendant des années, les environnementalistes comme David Suzuki ont parlé des effets néfastes de l’eau embouteillée, mais maintenant beaucoup d’autres organismes et individus emboîtent le pas et expriment leurs inquiétudes et agissent conséquemment.

Des politiciens partout dans le monde s’impliquent autant sur le plan économique que moral. La ville de San Francisco a interdit la dépense de fonds publics en eau embouteillée et New York encourage ses citoyens à réutiliser leurs contenants.

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EAU TONIQUE

Le corps en équilibre

Pour une personne en bonne santé, l’eau pure devrait être une boisson de choix pour maintenir une hydratation adéquate. Il arrive pourtant dans certains cas que l’eau pure ne soit pas suffisante pour assurer cette hydratation. Durant un effort physique intense, lors de fièvre, de diarrhée ou tout autre maladie, un nombre important d’électrolytes peut être perdu et il devient alors pratiquement impossible pour le corps de retrouver un niveau adéquat d’hydratation dans ses cellules.

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