Le quotient intellectuel vs le quotient du plomb
Polluted Children, Toxic Nation (Enfants pollués, nation toxique) est le titre d’une étude consacrée à la protection de l’environnement et de la santé et publiée en 2006 par l’ organisme Environmental Defence. Durant cette étude, des familles à travers le Canada ont été testées pour détecter la présence dans leurs corps de 68 produits chimiques, tels que les PBDÉ, les pesticides, les produits chasse taches, les ignifuges, le mercure et le plomb. Les résultats ont montré que certains enfants avaient un niveau plus élevé de polluants, dont le plomb, que leurs parents. Le rapport évoque plusieurs raisons à savoir pourquoi enfants, bébés et fœtus sont plus vulnérables aux polluants que les adultes. Dans l’utérus, l’embryon et le fœtus sont sans défense contre les produits chimiques qui traversent le placenta. L’enveloppe du cerveau et le système rénal ne sont pas développés entièrement avant six mois. Jusqu’à un an, le système digestif, la peau et les poumons sont extrêmement perméables et absorbent facilement les substances de toutes sortes. Les enfants et les femmes enceintes absorbent jusqu’à 50 % du plomb qu’ils consomment comparativement à seulement 10 à 15 % pour les adultes.
L’Organisation Mondiale de la Santé et Santé Canada ont statué que le taux acceptable de plomb est de 10 microgrammes par décilitre de sang. Pourtant, selon Santé Canada, «l’exposition au plomb, même en petites quantités, peut être dommageable, surtout chez les enfants et les femmes enceintes. L’exposition au plomb peut avoir des conséquences graves sur les jeunes enfants parce qu’ils l’absorbent plus facilement que les adultes et sont plus susceptibles d’en ressentir les effets négatifs. Même une exposition d’un niveau peu élevé peut causer des dommages au développement intellectuel, au comportement, à la croissance ainsi qu’à l’audition des jeunes enfants. Pendant la grossesse, surtout durant le dernier trimestre, le plomb peut pénétrer dans le placenta et affecter l’enfant à naître.»
Après que la province de l’Ontario ait ordonné à 36 municipalités de soumettre leur eau à des analyses de plomb, Gideon Forman, directeur exécutif de l’Association canadienne des physiciens pour l’environnement (CAPE) a dit: «Il n’existe pas de niveau sécuritaire de plomb parce que peu importe la quantité, le plomb peut vous rendre malade. Cette substance est dangereuse pour tout le monde. Notre préoccupation principale tourne autour du développement du cerveau et du système nerveux chez les enfants. Les enfants exposés au plomb peuvent souffrir de troubles d’apprentissage, de problèmes comportementaux et leur QI peut être affecté.»
Cette opinion est renforcée par un reportage basé sur un rapport publié dans le New England Journal of Medicine produit par la CBC en 2003. Richard Canfield de l’université Cornell a dirigé une équipe qui a fait une étude auprès de 172 enfants de New York pour mesurer les effets de l’exposition au plomb sur leur QI. Des études précédentes avaient été conduites seulement sur des enfants qui présentaient un taux de 10 à 30 microgrammes de plomb par décilitre de sang, ce qui est beaucoup plus élevé qu’un niveau considéré sécuritaire. Cette étude a démontré qu’à mesure que la teneur en plomb dans le sang augmentait, même sur une échelle aussi basse que de 1 à 10, plus le niveau du QI de l’enfant descendait, en moyenne de 7,4 points. Cette chute est encore plus prononcée que ce qui avait été observé pour des concentrations plus élevées de plomb.
Selon Barbara McElgunn de la Learning Disabilities Association of Canada, un QI réduit est seulement l’une des conséquences de l’exposition au plomb. Elle affirme: «Les préoccupations des scientifiques et des pédiatres face aux effets négatifs du plomb vont bien au-delà d’un QI diminué. Leurs préoccupations proviennent maintenant d’études récentes sur les effets du plomb sur les réactions émotionnelles, l’agressivité, la confiance en soi et le fonctionnement social.»
Santé Canada met présentement la population en garde contre toute exposition non nécessaire au plomb pour les enfants. Cette position, cumulée avec le rappel fréquent par les médias que les enfants consomment une eau non sécuritaire dans les écoles à travers le pays, contribue à créer un climat de préoccupation chez les familles canadiennes. Alors que nous croyions qu’une petite quantité de plomb dans l’eau de consommation pourrait être éliminée facilement de notre corps, cela ne serait pas le cas chez les enfants qui n’auraient aucune marge de sécurité. La meilleure façon de garder nos enfants en sécurité contre l’exposition au plomb est de l’éliminer de nos sources d’eau.
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